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	<title>STANDARD &#187; Patricia Maincent</title>
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	<description>Cultiver la mode</description>
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		<title>Antoine Catala : «&#160;S’imprégner de la banalité.&#160;»</title>
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		<pubDate>Mon, 23 Dec 2013 09:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Patricia Maincent]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Art]]></category>
		<category><![CDATA[Interviews]]></category>
		<category><![CDATA[179 canal]]></category>
		<category><![CDATA[47 Canal]]></category>
		<category><![CDATA[Antoine Catala]]></category>
		<category><![CDATA[Antoine Catala Interview]]></category>
		<category><![CDATA[biennale de Lyon]]></category>
		<category><![CDATA[Il était une fois…]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Toulousain basé à New York, Antoine Catala intrigue avec Il était une fois…, un rébus en sculptures mécaniques à déchiffrer à la biennale de Lyon. Vous avez étudié les math avant l&#8217;art. L&#8217;envie...</p><p>Cet article <a rel="nofollow" href="/antoine-catala-interview/">Antoine Catala : «&nbsp;S’imprégner de la banalité.&nbsp;»</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="/">STANDARD</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h5><b>Toulousain basé à New York, <a href="http://aaaaaaa.org/" target="_blank">Antoine Catala</a> intrigue avec <a href="http://www.biennaledelyon.com/fr/edition-2013/expo-internationale/artistes/antoine-catala,11.html" target="_blank"><i>Il était une fois…</i></a></b><b>, un rébus en sculptures mécaniques à déchiffrer à la biennale de Lyon.</b></h5>
<div id="attachment_14220" class="wp-caption aligncenter" style="width: 620px"><a href="/wp-content/uploads/2013/12/antoine-catala©ioulex-1.jpg"><img class="size-full wp-image-14220   " alt="Antoine Catala E.T. Il était une fois" src="/wp-content/uploads/2013/12/antoine-catala©ioulex-1.jpg" width="620" height="932" /></a>
<p class="wp-caption-text">Vue d’installation dans son atelier new-yorkais. E.T. au doigt trompeur est le verbe de Il &laquo;&nbsp;était&nbsp;&raquo; une fois… Photographie ioulex.</p>
</div>
<p><b>Vous avez étudié les math avant l&rsquo;art. L&rsquo;envie est survenue pendant une équation ?</b><br />
<strong>Antoine Catala :</strong> Le désir d&rsquo;une carrière artistique précédait les mathématiques. J&rsquo;étais tenté par le cinéma, mais diriger une équipe, trouver des budgets, me rebutait. Alors j&rsquo;ai fait des calculs en solitaire à l&rsquo;université à Toulouse pour faire plaisir à ma famille. Mon père était un scientifique brillant. J&rsquo;ai beaucoup aimé, mais n&rsquo;étais pas sûr de ce que je voulais. Au milieu de mes hésitations, j&rsquo;ai bifurqué vers une école d&rsquo;ingénieur du son à Londres puis une école d&rsquo;arts à l&rsquo;université London Guildhall. Il me reste des sciences l&rsquo;idée de système. Les images ou les couleurs sont moins importantes, ce qui compte c&rsquo;est comment fonctionnent les plateformes que je mets en place.</p>
<p><b>Pour votre <a href="http://www.biennaledelyon.com/fr/edition-2013/expo-internationale/artistes/antoine-catala,11.html" target="_blank">installation</a> au MAC de Lyon, vous utilisez la célèbre introduction aux contes « Il était une fois… »</b>, <b>pourquoi ?</b><br />
C’est la première phrase à laquelle j&rsquo;ai pensé. J’ai voulu en trouver une autre. Mais elle se compose de façon tellement jolie et cohérente qu’elle m&rsquo;a conquis. Je l’ai déconstruite en cinq éléments : une île, E.T. l&rsquo;extra-terrestre, la lune juxtaposée à la lettre « l » barrée, un foie et l&rsquo;ellipse des points de suspensions. Soit cinq sculptures.</p>
<p><b>Comment passez-vous du mot à l’image puis de l’image à l’objet ? </b><br />
Toutes mes recherches se font sur internet, je choisis des images génériques, qu&rsquo;on peut voir partout. Le rébus fait coller une image directement à des mots. Donc je passe plutôt du mot-image à l’objet. Comme si on « pensait » comme une machine. Comme Google qui, avec un mot, livre un mur d&rsquo;images. Cette magie me plaît. Pour l’insuffler, j&rsquo;utilise des illusions rudimentaires : un système de chambre à air gonfle une surface ronde sur laquelle est projetée une image de la lune. Quand elle se dégonfle, apparaît la lettre « l » barrée pour faire deviner le « une ». Ensuite, un humidificateur industriel projette de la vapeur d&rsquo;eau froide qui prend du volume et devient un autre écran de projection sur lequel apparaît l’île. Quand on se déplace, l&rsquo;image se brouille, ça a un côté féérique. A part le foie tout est cinétique, bouge, pour insister sur l’idée de métamorphose.<b></b></p>
<p><b>On pense à Georges Méliès et aux premières fictions du cinéma&#8230;</b><br />
Évidemment j&rsquo;adore Méliès et, pour citer quelqu’un d’aujourd’hui, l’artiste nantais <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierrick_Sorin" target="_blank">Pierrick Sorin</a> burlesque et grinçant, dont je m&rsquo;inspire pour les hologrammes. Mais ce qui m&rsquo;intéresse avant tout, c&rsquo;est la spatialisation, l&rsquo;image sort de l&rsquo;écran pour devenir un objet et une relation physique.</p>
<p><b>Cela évoque l&rsquo;Américain <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Kosuth" target="_blank">Joseph Kosuth</a> et sa célèbre chaise (<i>One and Three Chairs,</i></b><b> 1965), accompagnée de sa définition et d’une photo d’elle prise à l&rsquo;endroit où elle est exposée…</b><br />
J&rsquo;ai beaucoup aimé cette œuvre conceptuelle quand j&rsquo;étais en école d&rsquo;art, mais je pense plus à la génération de la fin du XX<sup>e</sup> siècle, comme <a href="http://mikekelley.com/" target="_blank">Mike Kelley</a>, <a href="/jim-shaw-archives/" target="_blank">Jim Shaw</a> ou <a href="http://www.rhone-alpes.culture.gouv.fr/cp/site_flash/a66.htm" target="_blank">Matt Mullican</a>, pour leur univers fantasmagorique un peu psychédélique construit à base d’images pauvres, laissées pour compte.</p>
<p><b>Vous avez fait des études en Angleterre et vivez aux États-Unis, qu&rsquo;est ce qui motive vos déplacements ?</b><br />
J’ai aussi vécu à Berlin en 2002, 2003. New York, j&rsquo;y suis pour ma petite amie. J&rsquo;y ai rencontré des artistes regroupés autour d&rsquo;une jeune galerie, <a href="http://www.47canalstreet.com/main.php?1=&amp;2=" target="_blank">47 Canal</a>, sur Canal street. Maintenant ça marche pour nous tous, mais on est parti de rien. On a créé une communauté parce que personne ne nous exposait. Notre amie Margaret Lee a ouvre une galerie. Juste après le crash immobilier de 2008, elle a négocié le droit d’utiliser un grand espace pour montrer des œuvres, en contrepartie, elle louait les autres locaux vides de l&rsquo;immeuble à des artistes. C’était au <a href="http://www.179canal.com/" target="_blank">179 Canal </a>street. Du monde venait aux vernissages, il y avait une énergie géniale. Evidemment, quand ça a commencé à marcher le propriétaire a demandé des sommes faramineuses et on a perdu cet espace fabuleux qui est devenu une salle de mahjong. Mais Margaret a pu rouvrir quelques numéros plus loin.</p>
<p><b>Vivre là-bas, cela influence votre travail ?</b><br />
Je me vois comme un étranger qui regarde de l&rsquo;extérieur vers l&rsquo;intérieur. Beaucoup de mes travaux traitent de la télé, qu’on voit partout ici (<a href="http://www.179canal.com/tv-show-antoine-catala/" target="_blank"><i>TV Show</i></a>, 2009, qui projetait en direct les programmes des grandes chaînes, le son et l&rsquo;image déformés). Mais la dernière exposition que j&rsquo;ai faite à 47 Canal était un rébus, or, les jeux de langage sont très français. Ce qui m&rsquo;intéresse en ce qui concerne les images et le langage, c&rsquo;est la banalité. Une notion qui varie selon les pays et dont il faut du temps pour s&rsquo;imprégner. Je ne pense pas que ma façon de faire soit française, de toute façon je cherche à ce qu&rsquo;elle soit globale et plate.</p>
<p><strong><a href="http://aaaaaaa.org/" target="_blank">Antoine Catala</a></strong><br />
<strong> <a href="http://www.biennaledelyon.com/fr/edition-2013/expo-internationale/artistes/antoine-catala,11.html" target="_blank">Au MAC, Biennale de Lyon</a></strong><br />
Jusqu’au 5 janvier</p>
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		<title>Virginie Yassef&#160;: un mur de sable venait de tomber</title>
		<link>https://standardmagazine.com/art-virginie-yassef/</link>
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		<pubDate>Wed, 29 May 2013 08:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Patricia Maincent]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Art]]></category>
		<category><![CDATA[Aurélien Mole]]></category>
		<category><![CDATA[Philip K. Dick]]></category>
		<category><![CDATA[Virginie Yassef]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Une ligne d’horizon composée de petites photos accrochées au niveau du regard fait le tour d’une salle. Le public scrute ces séries qui flottent au centre de leurs cadres. Chacune de ces compositions,...</p><p>Cet article <a rel="nofollow" href="/art-virginie-yassef/">Virginie Yassef&nbsp;: un mur de sable venait de tomber</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="/">STANDARD</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_12340" class="wp-caption alignnone" style="width: 1024px"><a href="/wp-content/uploads/2013/05/LG-NLS-Yassef-011-WEB.jpg"><img class="size-full wp-image-12340 " title="Virginie Yassef: Un mur de sable vient de tomber" src="/wp-content/uploads/2013/05/LG-NLS-Yassef-011-WEB.jpg" alt="Virginie Yassef: Un mur de sable vient de tomber" width="1024" height="684" /></a>
<p class="wp-caption-text">© Aurélien Mole, 2012</p>
</div>
<p>Une ligne d’horizon composée de petites photos accrochées au niveau du regard fait le tour d’une salle. Le public scrute ces séries qui flottent au centre de leurs cadres. Chacune de ces compositions, assemblées par groupe de deux ou trois images, a une atmosphère étrange, et mises les unes à côté des autres, elles se font l’écho d’un scénario. Les liens sont multiples, formels ou colorés. On peut voir des traces dans la terre, des reflets sur l’eau, mais sans repères, on passe d’échelles immenses à des microcosmes. Un chat blanc sur fond noir à côté de deux lampes orange dans la nuit semblent d’un coup être la paire d’yeux de l’animal…</p>
<p>Au milieu de cet espace blanc et aéré, propice à la méditation, fauteuils et table basse, le visiteur peut confortablement s’installer pour lire un étonnant recueil de citations trouvées au gré d’une lecture assidue du <em>Monde</em> et de <em>Libération</em>. Une quête de l’incongru dans le quotidien, démarche coutumière de Virginie Yassef, jeune artiste française qui remplit ses cahiers de photos et bouts de phrases lues, vues ou entendues. Ces propos sibyllins faisant jeu de hors-champ sur notre vie de tous les jours peuplent la trame fantôme accrochée au mur.</p>
<p><strong><a href="http://www.philipkdick.com/">Philip K. Dick</a> dans un magasin de jouets</strong><br />
Non loin, un bruit curieux se fait entendre, répétitif et vrombissant, un engin qui décolle ? On finit par repérer un système de ventilation qui ondule, intervention discrète et néanmoins obsédante qui accompagne la promenade (<em>Grille d’aération</em>, 2012). Serait-ce l’<em>Airedificio</em>, créée en 2007, qui prend son envol ? Cette navette spatiale imposante et aérodynamique tient sur un pan de mur avec un point d’équilibre tellement précaire qu’elle semble suspendue, soustraite à la gravité terrestre. La Galerie concentre cet univers qui tiendrait d’un roman de Philip K. Dick ou d’un magasin où les jouets s’animeraient et auraient perdu leur petitesse.</p>
<p>Dans<em> On n’a jamais vu de chien faire, de propos délibéré, l’échange d’un os avec un autre chien</em>, 2012, un costume en peau de loup attend son propriétaire sagement accroché au porte-manteau d’une pièce qui semble être le lieu d’un rituel obscur. Dans cette nature à plumes de paon, où une bulle couleur métallique navigue sur un bout de roche recouvert de peinture blanche effet frigidaire, on se dit qu’il serait « <em>possible de croiser des tortues dont la tête est surmontée d’un aimant</em> »*.</p>
<p>*Extrait du recueil <em>Que faire des tissus de mammouth retrouvés en 1994 ? </em><br />
(Editions<em> </em>224, 2012)</p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote><p><a href="http://www.noisylesec.net/rubrique.php?id_article=6306&amp;id_rub=galerie">Virginie Yassef</a><br />
<a href="http://www.noisylesec.net/rubrique.php?id_article=6306&amp;id_rub=galerie"><em>Un mur de sable vient de tomber</em></a><br />
C&rsquo;était à <a href="http://www.noisylesec.net/rubrique.php?id_article=6306&amp;id_rub=galerie">La Galerie</a>, centre d’art contemporain, Noisy-le-Sec</p>
<p>&nbsp;</p></blockquote>
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		<title>Seuls quelques fragments de nous toucheront quelques fragments d&#8217;autrui</title>
		<link>https://standardmagazine.com/timothee-chaillou/</link>
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		<pubDate>Fri, 30 Nov 2012 16:32:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Patricia Maincent]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Art]]></category>
		<category><![CDATA[Angus Fairhurst]]></category>
		<category><![CDATA[Claude Lévêque et Walead Beshty]]></category>
		<category><![CDATA[Haris Epaminonda]]></category>
		<category><![CDATA[John Armleder]]></category>
		<category><![CDATA[Jonathan Monk]]></category>
		<category><![CDATA[Thaddaeus Ropac]]></category>
		<category><![CDATA[Timothée Chaillou]]></category>
		<category><![CDATA[Tom Burr]]></category>
		<category><![CDATA[Wade Guyton]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Timothée Chaillou répond à une, deux et trois questions sur l&#8217;exposition Seuls quelques fragments de nous toucheront quelques fragments d&#8217;autrui. Commissaire, il a invité Tom Burr, Haris Epaminonda, John Armleder, Wade Guyton (lire notre interview), Angus Fairhurst, Jonathan Monk,...</p><p>Cet article <a rel="nofollow" href="/timothee-chaillou/">Seuls quelques fragments de nous toucheront quelques fragments d&rsquo;autrui</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="/">STANDARD</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h5><a href="http://www.timotheechaillou.com/">Timothée Chaillou</a> répond à une, deux et trois questions sur l&rsquo;exposition <em>Seuls quelques fragments de nous toucheront quelques fragments d&rsquo;autrui.</em> Commissaire, il a invité Tom Burr, Haris Epaminonda, John Armleder, Wade Guyton (<a href="/wade-guyton-interview/ ">lire notre interview</a>), Angus Fairhurst, Jonathan Monk, Claude Lévêque et Walead Beshty&#8230;</h5>
<p><a href="/wp-content/uploads/2012/11/Thimothee-chaillou-taddeus-ropac-seuls-quelques-fragments-de-nous.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-11192" title="Exposition Seuls quelques fragments de nous..." src="/wp-content/uploads/2012/11/Thimothee-chaillou-taddeus-ropac-seuls-quelques-fragments-de-nous.jpg" alt="Thimothee chaillou taddeus ropac seuls quelques fragments de nous" width="620" height="517" /></a></p>
<p><strong>L&rsquo;idée de fragment renvoie à une brisure, une perte. Le collage, fil de l&rsquo;exposition, induit-il cette violence ?</strong><br />
<strong>Timothée Chaillou :</strong> Pour être agencées dans un collage, les images doivent être mises en péril. Elles sont coupées ou déchirées, révélant leur fragilité. Les collagistes utilisent des objets contondants, comme des ciseaux ou des scalpels, pour tailler dedans. J&rsquo;aime bien ce que dit l’artiste britannique Linder « <em>Les gens qui passent leur journée à errer un couteau à la main sont soit des tueurs en série, soit des chirurgiens, soient des collagistes.</em> »<br />
<strong>Quelle est ta définition du collage ?</strong><br />
L’exposition présente des œuvres sur papier, des peintures, des sculptures et des films. Je ne voulais pas restreindre la vision du collage à celle transmise par l’histoire de l’art, celle d’un format intimiste, lié à ses origines dadaïste et surréaliste. La variété des médiums est à l’image de la variété d’utilisation de matières.<br />
<strong>Comment as-tu envisagé la mise en espace ? </strong><br />
Une exposition collective et ses subjectivités individuelles permet de créer un « supplément de sens », naissant de la confrontation des œuvres. Le hasard des dialogues qui les lient est à la fois fortuit et maîtrisé. A ce propos, je cite volontiers l’artiste français Xavier Veilhan : « <em>Le display, l’agencement, évoquent plus l’idée de jardin qu’une disposition d’objets dans une vitrine de magasin : une cohabitation de différents événements visuels.</em> »</p>
<p><em>Seuls quelques fragments de nous toucheront quelques fragments d&rsquo;autrui</em><br />
<a href="http://ropac.net/"> Galerie Thaddaeus Ropac</a>, Paris<br />
Jusqu’au 19 janvier</p>
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		<title>Kendell Geers rôde dans les fortifications du château fort de Blandy</title>
		<link>https://standardmagazine.com/kendell-geers-rode-dans-les-fortifications-du-chateau-fort-de-blandy/</link>
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		<pubDate>Fri, 19 Oct 2012 10:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Patricia Maincent]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Art]]></category>
		<category><![CDATA[Château fort de Blandy-les-Tours]]></category>
		<category><![CDATA[Kendell Geers]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Un sorcier rôde dans les fortifications du château fort de Blandy-les-Tours. Dans la cour, un jardin en forme de croix, planté d’herbes aux vertus médicinales pouvant nourrir, soigner ou… intoxiquer, nous fait glisser...</p><p>Cet article <a rel="nofollow" href="/kendell-geers-rode-dans-les-fortifications-du-chateau-fort-de-blandy/">Kendell Geers rôde dans les fortifications du château fort de Blandy</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="/">STANDARD</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h5><strong>Un sorcier rôde dans les fortifications du château fort de Blandy-les-Tours.</strong></h5>
<div id="attachment_10833" class="wp-caption alignnone" style="width: 620px"><a href="/wp-content/uploads/2012/10/Kendell-Geers-standard-cadavre-exquis.jpg"><img class="size-full wp-image-10833" title="Kendell Geers, Cadavre Exquis" src="/wp-content/uploads/2012/10/Kendell-Geers-standard-cadavre-exquis.jpg" alt="Cadavre exquis Courtesy Galleria Continua" width="620" height="1063" /></a>
<p class="wp-caption-text">Cadavre exquis Courtesy Galleria Continua</p>
</div>
<p>Dans la cour, un jardin en forme de croix, planté d’herbes aux vertus médicinales pouvant nourrir, soigner ou… intoxiquer, nous fait glisser le long de la séparation fragile entre science et superstition. Posés sur des barils, quelques personnages grotesques, fabriqués par un sorcier joueur en une matière dérivée du pétrole, accueillent le public à l’entrée de cette forteresse de Seine-et-Marne. Un peu plus loin, des fétiches plantés de clous ont été recouverts de coulures de peinture noire, et d’une bande de signalisation rouge et blanche. Un rituel obscur ? L’ensemble convoque étrangement tout autant la culture vaudou que la peinture expressionniste abstraite.</p>
<p><strong>Frayeur dans les coursives</strong><br />
Coutumier de la provocation, l’artiste sud-africain Kendell Geers se glisse dans des détournements de vestiges. Un imprimé, dont il recouvre une réplique de <em>La Victoire de Samothrace</em>, est réalisé à partir de la calligraphie du mot <em>fuck</em>, qui ne devient plus alors qu’un signe obscur sur la statue sans tête. Cette insulte se cache souvent dans les motifs de Geers ; on l’a vue sur un crâne, une boule à facette, un crucifix, on la retrouve sur un immense pendule accroché dans la salle des gardes. Dans la majesté du lieu, l’étrange forme calligraphique oscille, animée par une formule magique. Le sacré se mêle au profane voire au vulgaire, ses jeux de mots sont autant de portes d’entrée sur une œuvre. A l’entrée des coursives, écrits au néon, <em>sacred</em>, « sacré », et <em>scared</em>, « effrayé », forment un cercle lumineux tel un signe kabbalistique. L’artiste mêle superstitions et religions dans un syncrétisme unique, jouant de nos peurs ancestrales. En reprenant pour titre de l’exposition celui d’un recueil poétique de William Blake,<em> Le Mariage du ciel et de l’enfer </em>(1793), il fait appel à l’expérience mystique et visionnaire du peintre anglais. Mais cette esthétique brute, peuplée de matraques et de tessons de bouteilles de bière, évoque plutôt une décapante magie noire.</p>
<p>Un univers trouble qui s’est pourtant assagi depuis 2005 où, rappelez-vous, lors d’une performance intitulée <em>Cocktail</em>, le soir du vernissage de l’exposition Dionysiac au Centre Pompidou, Kendell le punk avait laissé les invités apprécier leur champagne dans des coupes moulées sur son sexe en érection. Une autre perception de la sorcellerie.</p>
<p><em>Le Mariage du ciel et de l’enfer</em><br />
Château fort de Blandy-les-Tours, Blandy<br />
Jusqu’au 21 octobre</p>
<div id="attachment_10835" class="wp-caption alignnone" style="width: 620px"><a href="/wp-content/uploads/2012/10/Kendell-Geers-Temene-standard.jpg"><img class="size-full wp-image-10835" title="Kendell Geers, Temene" src="/wp-content/uploads/2012/10/Kendell-Geers-Temene-standard.jpg" alt="Kendell-Geers Temene Courtesy Galleria Continua" width="620" height="621" /></a>
<p class="wp-caption-text">Temene Courtesy Galleria Continua</p>
</div>
<p>Cet article <a rel="nofollow" href="/kendell-geers-rode-dans-les-fortifications-du-chateau-fort-de-blandy/">Kendell Geers rôde dans les fortifications du château fort de Blandy</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="/">STANDARD</a>.</p>]]></content:encoded>
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		<title>Nicolas Milhé&#160;: «&#160;J’ai besoin qu’on se marre&#160;»</title>
		<link>https://standardmagazine.com/nicolas-milhe-interview/</link>
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		<pubDate>Thu, 18 Oct 2012 08:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Patricia Maincent]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Art]]></category>
		<category><![CDATA[Biennale de Belleville]]></category>
		<category><![CDATA[Fiac]]></category>
		<category><![CDATA[Lieu-Commun]]></category>
		<category><![CDATA[Nicolas Milhé]]></category>
		<category><![CDATA[Parc de sculptures aux Tuileries]]></category>
		<category><![CDATA[Printemps de Septembre]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>« Aménageant son pessimisme », le plasticien français fait le mur à Belleville. Sur le parvis du métro Belleville, vous exposez un bloc de béton à la forme épurée. Il s’agit d’un des morceaux du...</p><p>Cet article <a rel="nofollow" href="/nicolas-milhe-interview/">Nicolas Milhé&nbsp;: «&nbsp;J’ai besoin qu’on se marre&nbsp;»</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="/">STANDARD</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h5>« Aménageant son pessimisme », le plasticien français fait le mur à Belleville.</h5>
<div id="attachment_10829" class="wp-caption alignnone" style="width: 620px"><a href="/wp-content/uploads/2012/10/nicolas-milhe-bar-interview-magazine-standard.jpg"><img class="size-full wp-image-10829" title="nicolas milhe bar interview magazine standard" src="/wp-content/uploads/2012/10/nicolas-milhe-bar-interview-magazine-standard.jpg" alt="nicolas milhe bar interview magazine standard" width="620" height="465" /></a>
<p class="wp-caption-text">Bar, 2012 – Production Rocsa, Gent Courtesy galerie Samy Abraham et galerie Mélanie Rio Photo © Nicolas Milhé</p>
</div>
<p><strong>Sur le parvis du métro Belleville, vous exposez un bloc de béton à la forme épurée. Il s’agit d’un des morceaux du mur érigé entre Israël et la Palestine. Généralement vos pièces ont un titre, ironique, poétique, décalé. Pourquoi celle-ci n’en a pas ?<br />
Nicolas Milhé : </strong>Sans connaître cet objet, qu’est-ce qu’on voit ? Un mur sans fondations, dont on peut faire le tour. Un élément d’architecture ou une sculpture, un genre de Richard Serra du pauvre [minimaliste américain célèbre pour ses sculptures monumentales en acier]. Je n’avais pas envie de mettre le paquet sur l’Israël et la Palestine. On peut aussi penser au mur entre le Mexique et les Etats-Unis, ou à ceux construits dans les banlieues huppées d’Europe. La pièce est monolithique, pure, minimaliste. Même si je suis content que les gens fassent le lien, c’est important de ne pas le référencer directement à un événement géopolitique. Pour reprendre l’expression d’une historienne de l’urbanisme, Wendy Brown, je le vois comme un « décor politique ». C’est-à-dire qu’il ne sert à rien, quelqu’un de déterminé pourra toujours le franchir.<br />
<strong>Cette pièce a été montrée sur une place historique et bourgeoise de Rennes. Pourquoi Belleville cette fois-ci ? </strong><br />
C’est le point d’orgue. Dans ce quartier, la mixité sociale et communautaire se passe bien, il est un concentré de toutes ces histoires, ce qui prolonge le sens de la pièce.<br />
<strong>Vous brassez cultures savantes et vernaculaires, époques et styles, intellect et humour…</strong><br />
Oui, j’ai besoin qu’on se marre, qu’on comprenne sans une notice d’exposition illisible, alors quand je mets des dents en or à une hyène empaillée [Untitled, 2009], charognard banni, bête détestée ou sauvage, évidemment je joue avec des clichés.<br />
<strong>Parlant de clichés, pourquoi avoir collé des photos de paysages mirifiques au dos de morceaux de murs percés de meurtrières [Meurtrière, 2008] ?</strong><br />
Sans tourner au manichéisme, c’est une autre façon d’évoquer la différence entre deux mondes. Il y a une expression anglo-saxonne, beyond the pale (« au-delà du pieu »), qui évoque l’idée qu’après le poteau planté, ce n’est plus le même monde. D’un côté il y a des images sans droits, le décor parfait, paradis pour riches derrière lequel on se cache ; de l’autre, on ne voit que par la fente d’une meurtrière.<br />
<strong>On en revient à l’idée d’engagement.</strong><br />
Je suis un plasticien. Je joue avec des formes. Bien sûr, mon travail s’enrichit de la littérature, du cinéma, de la politique… J’ai besoin de points de départ qui soient durs et référencés, mais je n’estime pas pour autant mon travail politique. S’il amène les gens à plus de prise de conscience, tant mieux. L’autre jour, je relisais Walter Benjamin, qui disait très justement que l’art politique est « l’aménagement du pessimisme ». C’est un peu ça, les artistes.</p>
<p>Biennale de Belleville<br />
Place du Colonel Fabien, Paris<br />
Jusqu’au 20 octobre</p>
<p>solo show<br />
Lieu-Commun, Printemps de Septembre à Toulouse<br />
Jusqu’au 21 octobre</p>
<p>Fiac<br />
Parc de sculptures aux Tuileries, Paris<br />
Grande Galerie de l’Evolution, Paris<br />
Jusqu’au 21 octobre</p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote>
<div id="attachment_10828" class="wp-caption alignnone" style="width: 620px"><a href="/wp-content/uploads/2012/10/nicolas-milhe-40-mcube-interview-magazine-standard.jpg"><img class="size-full wp-image-10828   " title="nicolas milhe 40 mcube interview magazine standard" src="/wp-content/uploads/2012/10/nicolas-milhe-40-mcube-interview-magazine-standard.jpg" alt="nicolas milhe 40 mcube interview magazine standard" width="620" height="413" /></a>
<p class="wp-caption-text">Sans titre, 2005 – 40mcube, Rennes Coll. du Cnap/Min. de la Culture Courtesy galerie Samy Abraham et Mélanie Rio Photo©Patrice Goasduff</p>
</div>
<p>La biennale<br />
<strong>Une révolution de quartier</strong><br />
Pour Patrice Joly, l’un des commissaires d’exposition à l’origine de la biennale de Belleville, son quartier est idéal pour ce rendez-vous : « <em>Sur les traces du squat de la Générale il y a dix ans, des galeries dynamiques se sont implantées ici. Il se concentre dans ces rues en mutation une scène artistique foisonnante et riche. </em>» Alors que l’art contemporain se contorsionne vers le luxe, il choisit un endroit «<em> à la fois très populaire, avec des cités, mais aussi en pleine gentrification</em> ». En jouant sur le côté « village » de ce coteau « <em>sinueux, escarpé, sans gestes architecturaux majeurs, sans grands centres d’art </em>», les propositions sont plus intimes<em>. </em>«<em> On va dans les belvédères, les ateliers d’artiste, on montre les trésors cachés de Belleville. </em>»Une sensibilité nostalgique ? Pas du tout, puisque c’est le thème des révolutions qui s’est imposé cette année : « <em>Ici, c’est un petit miracle au quotidien : noirs, Juifs, Arabes, bourgeois vivent ensemble. L’idée de révolution fait évidemment écho à l’actualité sans pour autant être restrictive. On fait aussi référence au passé révolutionnaire de Paris, la Commune ou mai 68, avec des pièces de Sam Durant et celle de Nicolas Milhé, qui peut rappeler un </em>ready made<em> minimal ou le mur de Berlin. </em>» La deuxième édition de cette escapade qui change se tient jusqu’au 20 octobre. P. M.</p></blockquote>
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		<title>Comment allez-vous aujourd&#8217;hui, monsieur Johnston ?</title>
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		<pubDate>Mon, 21 May 2012 08:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Patricia Maincent]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Art]]></category>
		<category><![CDATA[adulenfant]]></category>
		<category><![CDATA[Casper grenouille]]></category>
		<category><![CDATA[Daniel Johnston]]></category>
		<category><![CDATA[Le Lieu unique]]></category>
		<category><![CDATA[Welcome to my world!]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Viens donc faire un tour dans ma chambre ! La vision culte et débridée de Daniel Johnston sur un mode tordu et halluciné est exposée en programmation complète (tableaux, films et concerts) au...</p><p>Cet article <a rel="nofollow" href="/daniel-johnston-welcome-to-my-world/">Comment allez-vous aujourd&rsquo;hui, monsieur Johnston ?</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="/">STANDARD</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h5>Viens donc faire un tour dans ma chambre !</h5>
<div id="attachment_16107" class="wp-caption alignnone" style="width: 620px"><a href="/wp-content/uploads/2014/05/Daniel-Johnston-Casper.jpg"><img class="size-full wp-image-16107" alt="Daniel Johnston Casper" src="/wp-content/uploads/2014/05/Daniel-Johnston-Casper.jpg" width="620" height="747" /></a>
<p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Casper went to hell and become hot stuff&nbsp;&raquo;, 2010, feutre sur papier, 21,5 x 28 cm</p>
</div>
<p>La vision culte et débridée de Daniel Johnston sur un mode tordu et halluciné est exposée en programmation complète (tableaux, films et concerts) au Lieu unique à Nantes. Comme sa musique, les dessins de cet « adulenfant » sont élémentaires mais impressionnants. Les motifs ont des contours bien marqués au trait noir. Des couleurs pétantes, appliquées avec des techniques d’adolescent, marqueur ou gouache, les remplissent plus ou moins exactement. Différents personnages s’y croisent, dérivés de culture pop US, revus et corrigés par une imagination délirante : super-héros bizarres, femmes à demi nues aux attributs sexuels bien marqués et autres monstres hybrides comme un homme unijambiste-trognon de pomme. Des parties de leur corps sont atrophiées, d’autres protubérantes, comme des muscles de bras ou quelques pans de graisse, des membres sont parfois isolés – des troncs, des têtes – et les yeux révulsés de sympathiques extraterrestres multicolores sortent de leurs orbites. Un masque de diable cornu inquiète brusquement, tandis que Captain America ou Hulk semblent se laisser aller à des pensées salaces. Tous ces acolytes forment la drôle de parade du cirque de l’American way of life à la menace souvent palpable. Tous flottent dans de grossiers champs de couleurs, d’étoiles et autres graphies : signes de paix ou croix gammées, taches en forme de pilules.</p>
<p><strong>Démarche masturbatoire universelle</strong><br />
Collectionneur de comics, Daniel Johnston en reprend les principes de mise en page. Lorsque les feuilles de ses cahiers sont recouvertes se produit un effet d’horreur du vide qui dérange, synonyme de bouillonnement mental, comme une cocotte-minute pressurisée. Des bulles et des légendes flottent parfois autour des personages : « We’re Back ! », « Hey Baby ! », « So Sorry », « Who Cares? », « The Gang », « Never Laugh Or Cry Just Get High And Die ». Des commentaires et sentences directes qui interpellent comme des slogans définitifs.<br />
Ces motifs écrits à la hâte renvoient aux mots qu’il chante, aussi. Connu pour avoir été enregistré dans sa chambre ou à l’hôpital psychiatrique, le son mauvais, mono et plein de souffle rebute tout d’abord ; puis la voix émerge, nasillarde, fragile et évidente, a cappella ou accompagnée d’un piano ou d’une guitare. S’il travaille aujourd’hui en studio, ses morceaux les plus marquants sont ceux qu’il continue de faire à la maison, au moyen d’un simple enregistreur cassette (voir Standard no 33).</p>
<p>Dan Johnston reste un adolescent quinquagénaire qui se raconte pour la millième fois l’histoire de son héros favori. Loin du pathétique que l’on pourrait associer à cette démarche masturbatoire, il est parvenu à une universalité, saluée par l’exposition. Son pouvoir d’écoute est immense et tout ce que la contre-culture américaine a compté de stars depuis trente ans l’admire sans bornes, de Kurt Cobain à Matt Groening en passant par Sonic Youth. Son œuvre à la force directe est un saut dans le néant – ainsi de l’épopée tragique de King Kong, érigée au rang de poème épique sacré ou de litanie incantatoire. De la musique aux images, il exorcise les spectres de terribles obsessions, cauchemars ou fantasmes, la frontière de l’un à l’autre n’ayant rien de très palpable.</p>
<p>Par Patricia Maincent (à Nantes)</p>
<p>Daniel Johnston<br />
<em>Welcome to my world!</em><br />
Jusqu’au 20 mai<br />
Le Lieu unique, Nantes</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Dominique Blais, le son en image</title>
		<link>https://standardmagazine.com/dominique-blais/</link>
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		<pubDate>Fri, 02 Mar 2012 08:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Patricia Maincent]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Art]]></category>
		<category><![CDATA[Dominique Blais]]></category>
		<category><![CDATA[La fabrique sonore]]></category>
		<category><![CDATA[Patricia Maincent]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Du Bruit pour les yeux Invité à La Fabrique Sonore – qui réunit au domaine Pommery des artistes autour du son et l’instrumentalisation de l’objet qui le produit –, Dominique Blais a choisi d’y...</p><p>Cet article <a rel="nofollow" href="/dominique-blais/">Dominique Blais, le son en image</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="/">STANDARD</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_7619" class="wp-caption alignnone" style="width: 575px"><img class="size-full wp-image-7619" title="td5" src="/wp-content/uploads/2012/03/td5.jpg" alt="" width="575" height="718" />
<p class="wp-caption-text">TD05, The Unilever Series: Tacita Dean. Photo Lucy Dawkins</p>
</div>
<p><strong>Du Bruit pour les yeux</strong><br />
Invité à <em>La Fabrique Sonore</em> – qui réunit au domaine Pommery des artistes autour du son et l’instrumentalisation de l’objet qui le produit –, Dominique Blais a choisi d’y installer <em>Sans titre, Les Disques rouges</em> (2011) : des répliques en grès de cymbales, disposées au ras du sol, créent de subtils tintements de pierre, qui résonnent dans les crayères que les propriétaires des caves à champagne mettent à disposition des commissaires d’exposition chaque année depuis neuf ans.<br />
Ce détournement n’est pas nouveau pour Dominique Blais. Cela poursuit les recherches engagées en 2008 en résidence dans le cercle arctique, où il chassa les fréquences radio VLF inaudibles à l’ouïe humaine. Cette quête de ce qui nous échappe scrute l’invisible, capte l’infra-mince et écoute l’imperceptible pour jouer subtilement de ces contradictions. Le matériau enregistré est ensuite utilisé pour différentes installations. Œuvre sans nom, <em>«  » </em>(2010) le retransmet en un murmure par deux casques vintage formant un cercle, chaque écouteur étant relié à l’autre.</p>
<div id="attachment_7620" class="wp-caption alignnone" style="width: 575px"><img class="size-full wp-image-7620" title="melancholia" src="/wp-content/uploads/2012/03/melancholia.jpg" alt="" width="575" height="867" />
<p class="wp-caption-text">Sans Titre (Melancholia)#3</p>
</div>
<p><strong>Disque rayé</strong><br />
Dans <em>Whitehouse « A Cunt Like You » 5’57 (1998), </em>qu’il proposa, ne pas se fier à la date, en 2009, le son devient image. Un dessin est généré par la vibration d’enceintes à plein volume sur lesquelles est posée, pendant la durée d’un morceau, une feuille avec de la poudre de fusain. Là encore, c’est en alliant la technologie et la tradition classique (le fusain) que les fréquences – celles, extrêmes de la musique du groupe anglais Whitehouse – prennent vie. Elles s’amoncellent en une surface délicate sur le papier.<br />
A la puissance sonore s’associe la pauvreté du graphite, au vinyle vintage, la composition bruitiste contemporaine. C’est aussi le cas avec <em>Sans titre (Melancholia)</em>, un tourne-disque entièrement démonté qui pend, accroché par ses fils de branchement. Encore en fonctionnement, il tourne en boucle sur le dernier sillon ; inlassablement, le bruit par défaut du disque rayé, le soubresaut de la fin, devient musique. La machine se dématérialise, rendant apparent le squelette d’une époque mécanique. Les motifs récurrents de Blais, cercle, boucle, déclinés en sculptures, sons, dessins, installations ou vidéos sont les images d’un temps dont il donne lui-même la mesure.</p>
<div id="attachment_7621" class="wp-caption alignnone" style="width: 575px"><img class="size-full wp-image-7621" title="td037" src="/wp-content/uploads/2012/03/td037.jpg" alt="" width="575" height="996" />
<p class="wp-caption-text">TD37, The Unilever Series: Tacita Dean</p>
</div>
<p>Exposition:<em> Sans titre, Les </em><em>Disques</em><em> rouges</em><br />
<a href="http://www.claudinecolin.com/fr/670-la-fabrique-sonore-experience-pommery-9"> La Fabrique sonore, Expérience Pommery #9, Reims</a><br />
Jusqu’au 31 mars</p>
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		<title>Tout s’efface au Hangar à bananes</title>
		<link>https://standardmagazine.com/le-monde-s%e2%80%99efface-au-hangar-a-bananes/</link>
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		<pubDate>Tue, 31 Jan 2012 07:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Patricia Maincent]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Art]]></category>
		<category><![CDATA[Darren Almond]]></category>
		<category><![CDATA[Eberhard Havekost]]></category>
		<category><![CDATA[Hangar à bananes de Nantes]]></category>
		<category><![CDATA[Marc Bauer]]></category>
		<category><![CDATA[Philippe Cognée]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Le monde s&#8217;efface au hangar à Bananes Le réel est inadmissible d’ailleurs il n’existe pas. Ce titre péremptoire invite le public à l’introspection et aux doutes lorsqu’il pénètre dans cette exposition au Hangar...</p><p>Cet article <a rel="nofollow" href="/le-monde-s%e2%80%99efface-au-hangar-a-bananes/">Tout s’efface au Hangar à bananes</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="/">STANDARD</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le monde s&rsquo;efface au hangar à Bananes</strong></p>
<div id="attachment_7137" class="wp-caption alignnone" style="width: 575px">
<img class="size-full wp-image-7137" title="Marc-Bauer Cinema, Photo Vincent van der Marck" src="/wp-content/uploads/2012/01/Marc-Bauer-Cinema-Collection-Hauser-et-Wirth-Suisse-Crédit-Photo-Vincent-van-der-Marck.jpg" alt="" width="575" height="412" />
<p class="wp-caption-text">Marc Bauer Cinema, 2009 Crayon gris et noir sur papier ©Vincent van der Marck – Collection Hauser&amp;Wirth, Suisse</p>
</div>
<p><em>Le réel est inadmissible d’ailleurs il n’existe pas.</em> Ce titre péremptoire invite le public à l’introspection et aux doutes lorsqu’il pénètre dans cette exposition au Hangar à bananes de Nantes. Quand on se laisse gagner par le langage d’un artiste, sa vision n’agit-elle pas comme un filtre sur ce qui nous entoure ? L’image des célébrités ne se confond-elle pas avec les portraits qu’en a faits Warhol ? De la même manière, la matérialité de la pellicule super-8 n’a-t-elle pas colorisé le souvenir des années 70, le filtre polaroïd de l’iPhone ne sera-t-il pas la matière des souvenirs des années 2010 ?</p>
<p>Axée autour du film de Jim Jarmusch <em>The Limits of Control</em> (2009), projeté dans une petite salle, la sélection des œuvres s’est opérée sur le lien entretenu avec la réalité. Si le prétexte semble un peu gratuit, les pièces réunies sont intenses tant pour leur qualité plastique que pour leur sujet. La peinture du Français Philippe Cognée, qui floute ses toiles à l’aide d’un fer à repasser, est âpre et tendue, comme s’il redessinait les contours de ses formes à coups de poings. Les surfaces, à première vue abstraites, d’Eberhard Havekost, semblent des résidus d’image sur notre paupière, une fois close. Le Britannique  utilise l’appareil photo pour peindre les paysages au clair de lune. Ses images, réalisées les nuits où l’astre est plein, ont une lumière due à un long temps de pose, qui n’a aucun lien avec la colorimétrie du regard humain. L’étrangeté des clichés tient à ce que l’on croit reconnaître. Mais <em>Le réel est inadmissible</em> n’est pas un simple exposé sur la figuration.</p>
<p>Quels garants avons-nous face à ce qui semble vrai ? Certaines images connues ne sont parfois qu’extrapolation. En choisissant de reproduire des vues du logiciel Google Earth, Philippe Cognée prend pour point de départ une de nos « images du monde » qui n’a d’existence que virtuelle. Son choix, porté sur un ensemble de bâtiments qui, vu du dessus forme les lettres HIU, manifeste une quête de signes ou d’absurdité de signes, comme si l’agencement de ce qui nous entoure comprenait un texte sous-jacent.</p>
<p>A l’entrée du hangar, un immense dessin du Suisse Marc Bauer montre une salle de cinéma : l’écran est blanc, le film est dans la salle où les fauteuils fondent. Le réel brûle !</p>
<p><em>Le réel est inadmissible d’ailleurs il n’existe pas</em><br />
<a href="http://www.hangarabananes.com"> Hangar à bananes </a>- Hab Galerie, île de Nantes<br />
Jusqu’au 5 février</p>
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